Historique

Histoire de Saint Ouen de Thouberville

Le village tient une partie de son nom de Saint Ouen (609-686), évêque de Rouen. La légende raconte que, traversant le bois qui occupait la place actuelle du village, un arbre se serait abattu sur le convoi transportant l’évêque. Celui-ci, sorti indemne de l’incident y vit un signe du destin et décida de consacrer ce lieu.

Les plus anciennes mentions remontent au XIe siècle, mais l’occupation remonte aux premiers siècle de notre ère. La voie romaine reliant Rouen à Brionne passait à l’emplacement actuel de la Maison-Brûlée, d’où partait une voie secondaire allant vers Pont Audemer et passant par le bourg actuel de Bourg Achard. Nous pouvons trouver sur la commune les ruines d’un temple, datant du 4ème siècle, mises à jour en 1894, en bordure de la forêt.

Ruines du temple

Les voies de communications furent utilisées lors des invasions vikings. « Thouberville » viendrait d’un nom anglo-scandinave « Thorbert » associé au suffixe latin « villa » signifiant : domaine. Thouberville serait le domaine de Thorbert.

Au 11ème siècle, le domaine de Thouberville appartenait à la famille Du Bosc. Ce domaine englobait à l’époque les communes actuelles de Saint Ouen de Thouberville, Trinité de Thouberville, Caumont, Mauny, La Bouille et une partie de Bourg Achard. Ce sont les moines du prieuré de Bourg Achard qui entreprirent le défrichement de la forêt et qui fondèrent quelques chapelles.
Le démembrement du domaine de Thouberville commença en 1271 par le par l’obtention d’un titre paroissial pour la chapelle de Mauny. Celle de Caumont suivit. Le démembrement du domaine de Thouberville s’acheva en 1421 par la fondation de la chapelle Sainte Madeleine à La Bouille.

Les différents seigneurs de Thouberville furent les vassaux des seigneurs de La Londe. En 1360, la seigneurie de Thouberville disparut. Une partie passa à la famille de Bigards et l’autre à la famille de Brézé, seigneur de Mauny. Le dernier marquis de Mauny et seigneur de Thouberville, au moment de la Révolution, fut Louis d’Estampes.

Le morcellement religieux et seigneurial entraîna l’émergence de nombreux fiefs dont les plus importants étaient ceux du Bosgroult, de Rudemont, des Roques et du Bois Frémont. De moindre importance, le fief de La Cambre et le fief d’Offranville existaient également.

La modification du tracé de la route d’Honfleur au 18ème siècle, entraîna la transformation de la paroisse. Elle donna naissance au hameau de la Chouque (4 maisons en 1759). Quarante années plus tard, le hameau était devenu beaucoup plus important.

La paroisse se dota d’une administration municipale en 1788, présidée par M. Robert Lefebvre. La commune de Saint Ouen fut constituée le 14 février 1790 et M. Nicolas Innocent en fut le 1er maire.

La route de Rouen à Caen apportant une certaine richesse, M. Dumesnil créa une auberge au carrefour formé par les routes de Bourg Achard et Bourgtheroulde (actuel carrefour de la Maison Brûlée). Ce carrefour était très emprunté par les négociants du Roumois se rendant à la Bouille pour embarquer en direction de Rouen. Ceux-ci prirentl’habitude de s’arrêter dans l’auberge de M. Dumesnil. Le succès de l’auberge mécontenta les hôteliers et les restaurateurs de La Bouille. L’auberge fut incendiée en avril 1808. Faute de preuves, les hôteliers de la Bouille furent acquittés. M. Dumesnil, par l’intermédiaire de dons, put reconstruire son auberge sous le nom de « Maison Brûlée ».

En aout 1824, Mme d’Hugleville offrit à la commune une maison servant de presbytère (actuelle maison de la musique).

Presbytère

En 1853 fut prise la décision d’édifier une mairie qui puisse servir d’école. M. Duputel, maire de 1854 à 1859 proposa d’acquérir un terrain en bordure de la route de Pont Audemer pour l’édification de la Mairie. Mis en minorité par M. Léon Hébert Delahaye, M. Duputel démissionna. Un terrain plus vaste fut choisi, toujours en bordure de la route de Pont Audemer. Les travaux débutèrent en 1860. Une cinquantaine de garçons fréquentait l’école. L’éducation des filles, quant à elle, étant confiée aux sœurs de la Providence depuis 1821. Redevenu Maire en 1866, M. Duputel décida de communaliser l’école libre. Il instaura la création de cours pour adultes (cours qui se poursuivront jusqu’en 1898).

Mairie

La population était essentiellement rurale. Sur les 998 Thoubervillais de 1861, 531 vivaient plus ou moins directement du travail de la terre. On dénombrait à la même époque82 charbonniers et bûcherons. Une vingtaine de commerces égayait le bourg. Des habitants travaillaient dans les carrières de Caumont ou filaient à domicile des pièces de drap pour les marchands rouennais. Cette même année, la commune comptait 97 enfants.

Dans la nuit du 3 au 4 janvier 1871, les Prussiens lancèrent une attaque pour reprendre le carrefour de la Maison Brûlée et le château de Robert le Diable. Les gardes mobiles résistèrent du mieux qu’ils purent mais perdirent la bataille. 98 mobiles périrent et 250 furent faits prisonniers. La commune dut payer une contribution à la guerre et les finances de la commune en souffrirent.
M. Power, Maire de la commune de 1871 à 1884, fit élever, en 1872, un monument dans le cimetière où avaient été enterrés les mobiles tués pendant la prise du château. Un monument fut également érigé à proximité du carrefour de la Maison Brûlée pour commémorer le souvenir des 98 mobiles tués.

Le monument du Mobile

En 1875 fut décidée la création d’une école de filles qui fut achevée en 1882 (actuelle boulangerie « Le pain des écoliers). Une école religieuse continua d’œuvrer jusqu’au début des années 60 dans une maison située au bout de la sente de l’église (actuelle maison paroissiale).

Suite à la crainte des habitants, due aux décès de nombreux enfants causés d’après eux par le cimetière, un nouveau cimetière fut créé dans un endroit assez éloigné du village (actuel cimetière).
L’actuel monument aux morts fut inauguré le 23 juin 1920.

La Poste ouvrit un bureau dans le logement de l’école des filles en 1914. Une partie des filles rejoignant l’école des garçons.

En 1925, la route fut goudronnée. Une seconde classe fut construite, en 1926, dans le prolongement de la première classe, derrière la mairie. En 1928, l’électrification de la commune commença.
Pendant la seconde guerre mondiale, les belles maisons furent réquisitionnées par les Allemands. Saint Ouen de Thouberville fut libérée, le 30 août 1944, par des unités canadiennes venant de Bourgtheroulde et par des troupes écossaises venant de Bourg Achard.

Après la guerre, en 1946, une 3ème classe fut aménagée dans un baraquement laissé par les Allemands. En 1954, une 4ème classe vit le jour puis 2 autres en 1956.
La création d’un réseau d’adduction d’eau débuta en 1949 sous l’égide du Syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau de Caumont présidé par M. Pierre-Paul Richer. Ce Thoubervillais offrit plusieurs terrains à la commune ce qui permit la construction de l’école (1971) et de la salle des fêtes (1981).

Mme Garnier acheta, en 1957, l’auberge de la Maison Brûlée. Elle la tint jusqu’en 1965. Mme Garnier était plus connue sous le nom de Violette Nozière qui, à 18 ans, avait empoisonné ses parents pour échapper à une vie dissolue.

Le 21 juin 1972, l’autoroute de Normandie reliait Maison Brûlée à Oissel. Le 24 octobre de la même année, elle était prolongée jusqu’à Bourneville.
En 1973, les 96 maisons de la Miraie étaient entièrement occupées. Le 2 décembre 1989 était posée la première pierre du centre village. Le 27 octobre 1990, un nouveau bureau de poste était inauguré.

En 1993 était édifiée une nouvelle école maternelle et en 1997 un nouveau restaurant scolaire accueillait les enfants. Une nouvelle classe élémentaire a été construite en 2006.
D’ici peu toute la commune sera reliée au réseau d’assainissement. Un nouveau lotissement sort actuellement de terre pour des personnes à mobilité réduite.

L’école maternelle

Ces informations sont tirées de l’ouvrage « Saint-Ouen-de-Thouberville ; L’Ecume des Chemins » dont le concepteur est Pierre Molkhou.